18 janvier 2016

Retrouvez le discours de Manuel Jardinaud, président de l'Ajis, lors des voeux à la presse de Myriam El Khomri.

Madame la Ministre,
Mesdames et messieurs les membres du cabinet,
Chères consœurs, chers confrères,
Mesdames et messieurs,

C’est toujours un honneur de présenter, au nom de l’association des journalistes de l’information sociale, les vœux de la nouvelle année au sein de ce ministère. Me concernant, l’émotion est un peu particulière aujourd’hui. Car il s’agit de ma troisième cérémonie - et de mon 3eme ministre devant lequel je m’exprime comme président de l’Ajis. 

Surtout, ce sera la dernière puisque mon troisième mandat expire dans 10 jours. Oui, à l’Ajis, le président n’a le droit qu’à deux renouvellements. Comme pour un CDD en somme…

Renouvellement ou pas, cela ne m’empêchera pas de suivre, à l’instar des journalistes ici présents, l’actualité du Travail, de l’Emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle. 

Et là, force est de constater, Madame la Ministre, qu’en quatre mois, vous avez déjà atteint au moins un objectif en terme d’emploi : celui de mettre les journalistes sociaux aux heures sup ! Une vraie réussite de ce point de vue.

Compte personnel d’activité – auquel, il faut bien l’avouer, on ne comprend pas grand-chose en terme de calendrier et d’élaboration ;

Plan 500 000 formations : on attend la réponse des régions et d’observer la mise en place ;

Réforme du code du travail et projet de loi qui va l’accompagner : avec le rapport de la commission Badinter qui se fait attendre ;

Nouvelles aides et autres évolutions des dispositifs d’allègement de cotisations sociales : à quand une commission de suivi sur l’efficacité des mesures ? 

Sans parler, du processus de regroupement des branches et de la simplification du dialogue social. Et je ne mentionne pas quelques rapports à venir… Ah, si, j’oubliais : vos deux déplacements par semaine sur le terrain.

Une chose est certaine : on ne s’ennuie pas avec vous. 

On ne s’ennuie pas, certes, mais nous sommes parfois un peu ennuyés… Agacés plutôt… Parce que, si j’en crois un certain nombre de témoignages de consœurs et confrères, il est souvent difficile d’obtenir des informations auprès de votre cabinet. 

Encore moins aisé d’échanger ne serait-ce que quelques minutes avec l’un de vos conseillers ou conseillères comme nous le demandons parfois pour être le plus précis possible dans nos papiers.

Aussi, et c’est une demande récurrente lors de cette cérémonie (je vous rassure, vos prédécesseurs y ont eu droit !), permettez-nous d’exercer au mieux notre métier en faisant en sorte que votre cabinet réponde le plus efficacement possible à nos interrogations. Il en va de la qualité des informations que nous diffusons. 

Puisque j’en suis au chapitre « Réclamations », je suis lancé, je continue. 

Sachez que ça gronde à l’Ajis. Conférence sociale ou - sommet du genre - vœux du président de la République hier au Conseil économique, social et environnemental, les conditions de travail pour la presse sont réellement difficiles lors de ces manifestations : restrictions d’accès aux participants, presse écrite mise de côté… 

Lors des 1ères conférences sociales, nous avons déjà saisi le président du Cese pour tenter d’améliorer les choses. Sans grand succès...

Nous aimerions réellement, à l’avenir, qu’un peu plus de souplesse et de compréhension accompagnent ce type d’événements, incontournable pour nos médias. Nous ne pouvons nous accommoder d’une telle organisation qui nous empêche de travailler sereinement.

Comme nous souhaiterions, au cours des différentes étapes qui vont jalonner l’élaboration et les discussions de votre projet de loi, si briefs off il doit y avoir, qu’ils soient ouverts au plus grand nombre, aux « petits » et aux « grands » médias, aux journalistes en poste et aux pigistes. Et que cette tradition de rencontres pour journalistes “happy few” devienne enfin une tradition dépassée.

Pour en finir avec ce chapitre, une dernière complainte, sur les briefs off : depuis le début du quinquennat, plusieurs se sont tenus à Matignon et à l’Elysée sur des sujets sociaux, tant ces deux lieux de pouvoir semblent piloter de nombreuses réformes de votre ministère. Et les journalistes sociaux n’ont pas toujours été associés à ces rendez-vous. 

Nous le regrettons. Aussi, il serait fort appréciable que le service de presse de votre ministère puisse aussi diffuser l’invitation auprès des journalistes sociaux lorsque de tels briefs ont lieu ailleurs que rue de Grenelle. 

Mais, rassurez-vous Madame la Ministre, les journalistes sociaux ne sont pas que des grincheux. Ils savent être enthousiastes.

Ainsi – et ce ne fut pas toujours le cas, croyez-moi - nous sommes très satisfaits de recevoir votre agenda complet en amont de la semaine. Ce qui nous permet de bien agencer le nôtre. 

Nous sommes également ravis que vous ayez répondu positivement à l’invitation de l’Ajis à répondre aux questions de nos adhérents. Et comme vous l’avez constaté, ce rendez-vous a été un réel succès, au moins en terme d’affluence !

Nous serions heureux de vous recevoir à nouveau, au moment de la discussion de votre projet de loi à partir de mars prochain. Comme vous vous y êtes oralement engagée il y a quinze jours devant nous.

Sachez qu’avec l’Ajis, ce genre de promesse est toujours suivi de nombreuses relances… Nous sommes grincheux et en plus très accrocheurs !

Madame la Ministre, l’année qui s’ouvre est cruciale pour ce qui concerne votre champ d’intervention. Vous le savez mieux que quiconque. 

En toute neutralité, je ne peux que souhaiter un retour vers l’emploi du plus grand nombre de personnes actuellement sans travail. Et donc une inversion réelle de cette fameuse courbe du chômage qui obsède tant depuis maintenant presque quatre ans.

Je vous souhaite donc, au nom de l’Ajis, tous mes vœux de réussite sur le front de l’emploi et de la cohésion sociale.

Après une année 2015 éprouvante, où les tragédies ont parfois touché de très près certains d’entre nous, j’espère que chacun pourra trouver cette année un peu plus de sérénité.

Je vous souhaite donc Madame la Ministre, ainsi qu’à votre équipe, une année pleine de satisfactions personnelles.

Je vous remercie de votre écoute.

Crédit photo  : Véronique Hunsinger.