7 décembre 2015

À la veille de l’examen en séance publique à l’Assemblée nationale de la proposition de loi soutenue par le gouvernement, trois porteurs du projet “territoires zéro chômeurs de longue durée” étaient invités à faire le point sur cette expérimentation pour les journalistes de l’Ajis.

“Nous sommes partis du constat qu’il y a dans ce pays un grand nombre de personnes prêtes à travailler, beaucoup de travail utile à la société qui n’est pas fait et que la privation d’emploi coûte un prix exorbitant à la collectivité”, explique Patrick Valentin, responsable du projet “territoires zéro chômeurs de longue durée” à ATD Quart monde. Si plusieurs territoires ont entamé des démarches pour expérimenter ce “changement de paradigme”, à savoir partir des compétences des demandeurs d’emploi de longue durée et définir les emplois non couverts qui pourraient faire l’objet d’une aide, une proposition de loi était nécessaire pour mettre réellement sur pied l’expérimentation.
L’objectif est de "montrer que c’est possible" et de vérifier "l’intuition selon laquelle subventionner des emplois coûterait moins cher que les dépenses" de solidarité en direction des demandeurs d’emploi de longue durée, précise Michel de Virville, conseiller maître honoraire de la Cour des Comptes. La mise en place de l’expérimentation devrait représenter un coût d’un peu plus de 10 millions d’euros sur une année pleine, selon le député porteur de la PPL, Laurent Grandguillaume, un coût “variable selon les territoires choisis”.
Dix territoires seront choisis pour participer à cette expérimentation prévue sur cinq ans. Si les cinq territoires déjà engagés sont ruraux, "on travaille à la transposition du modèle à des zones périurbaines", explique le responsable d’ATD Quart monde.
"La méthode repose sur la petitesse du territoire", souligne Patrick Valentin. "Le développement de l’activité n’appelle pas les mêmes réponses dans la Nièvre ou dans les Deux-Sèvres", ajoute le député. “L’objectif de ces emplois subventionnés est de remettre le pied dans l’économie marchande”, note Michel de Virville.
En séance publique à l’Assemblée nationale le 9 décembre 2015, le texte devrait être examiné par les sénateurs mi-janvier, pour une “promulgation avant mars 2016” et un lancement effectif de l’expérimentation en septembre 2016, espère Laurent Grandguillaume.