15 octobre 2015

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a répondu aux questions de journalistes de l’AJIS trois jours avant la conférence sociale. L’occasion de souligner ses attentes sur les sujets traités lors de ce nouveau rendez-vous du dialogue social.

 Le compte personnel d’activité

« C’est une nouveauté que nous soutenons », a rappelé le secrétaire général de la CFDT à propos du nouveau compte personnel d’activité (CPA). « L'idée c'est vraiment de permettre l'accès aux droits individuels qui existent, comme le compte personnel de formation (CPF) ou le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), à ceux qui n'y ont actuellement pas accès. Attention, le CPA n'est pas le sac à dos de droits individuels que l'on donne au salarié pour qu'il se débrouille seul, met-il en garde. On peut à ce titre imaginer que les institutions représentatives du personnel aient un rôle d'accompagnement des salariés dans l'utilisation du CPA, comme c'est déjà le cas pour la formation professionnelle".
"Nous allons tout faire pour que d'ici 2017 la mise en place du CPA ne se résume pas à une nouvelle interface numérique, mais également à des droits réellement attachés à ce compte individuel. Ce n'est qu'une première étape mais c'est le meilleur moyen de protéger le CPA contre un éventuel retour en arrière lié à des aléas politiques".

La réforme du droit du travail

S’agissant de la mise en œuvre du rapport Combrexelle sur le développement de la négociation d’entreprise, qui n’a pas fait pas l’objet d’une table ronde dédiée lors de la conférence sociale, Laurent Berger" a souligné que "le rapport est intéressant car il pointe le comportement des acteurs de la négociation, et plus particulièrement celui du patronat ».
«
Nous allons dire à François Hollande que nous sommes favorables à une négociation collective de branche et d'entreprise plus forte avec un socle social très haut pour inciter les entreprises à véritablement négocier. C'est ce que nous avons fait avec la réforme des plans de sauvegarde de l'emploi (PSE). La situation de l'employeur est dorénavant nettement plus compliquée lorsqu'il n'a pas d'accord sur le PSE que lorsqu'il y en a un. C'est une vraie incitation à jouer le jeu du dialogue social. Il faut aussi des accords majoritaires, accélérer le regroupement des branches professionnelles et ouvrir plus largement le mandatement syndical pour faire découvrir aux employeurs de TPE les vertus de la négociation". 

Voici la dédicace laissée par Laurent Berger sur le Livre d'Or de l'AJIS à l'issue de la rencontre :
« C’est toujours un plaisir de débattre avec l’AJIS. Du peps et de la pertinence… et du plaisir.
Merci à vous
Amitiés
Laurent Berger »

Crédit photo : Julien François.