15 avril 2015

L’Ajis a reçu le 16 avril dernier, dans le cadre d’un Grand rendez-vous, François Asselin, président de la CGPME. L’occasion d’évoquer les nombreux dossiers de l’actualité sociale.

La CGPME propose un "CDI de croissance"
La CGPME souhaite que la rupture du contrat soit sécurisée. "C'est le sens du CDI de croissance que nous proposons d'instaurer. Lorsque l'on se lance dans un nouveau projet, il est difficile de savoir à l'avance si cela va marcher. L'idée est alors de fixer des objectifs économiques associés à la création de nouveaux postes. Après un délai, qui pourrait être de trois ans, soit le projet mis en place a réussi et les salariés passent à un CDI de droit commun. Soit les résultats ne sont pas au rendez-vous et cela constitue alors une cause réelle et sérieuse de rupture du contrat des nouveaux embauchés, a expliqué François Asselin.
Une autre piste est de barémiser les indemnités de licenciement. "Le barème indicatif prévu par le projet de loi Macron est une bonne base. On pourrait le reprendre pour le rendre obligatoire".

Sortir de la complexité de la pénibilité
Revenant sur le compte de prévention de la pénibilité, François Asselin a exprimé le souhait que des solutions pour simplifier le dispositif soient trouvées avant la conférence sociale de juin. La CGPME propose, pour remplacer les fiches de pénibilité, de prévoir un système articulé autour "de groupes homogènes d'exposition et non de métiers". 

Des remontées négatives sur la réforme de la formation
Le président de la CGPME est aussi revenu sur la dernière réforme de la formation professionnelle. François Asselin s'inquiète des remontées négatives du terrain. "C'est une catastrophe. Nous allons former moins et ça va nous coûter plus cher nous disent les entreprise. Des plans de formation vont être abandonnés".
Il déplore par ailleurs les nombreuses obligations de formation qui pèsent sur les TPE-PME au moment de l’embauche. Il faut en moyenne 20 jours de formation pour être employable dans mon secteur, le bâtiment ».  La CGPME suggère une formation unique à la sécurité par branche professionnelle qui regrouperait l'ensemble des risques de premier niveau. 

Des commissions paritaires qui inquiètent
S'agissant du projet de loi sur le dialogue social, la CGPME reste hostile à la représentation du personnel sous le seuil de 11 salariés : "Je veux être maître du dialogue dans mon entreprise, déclare François Asselin. Et ce ne sont pas les futures commissions paritaires régionales instaurées par la réforme du dialogue social qui vont régler les tensions au sein des TPE ». 
Il se félicite en revanche de l’extension de la délégation unique du personnel (DUP) au CHSCT et jusqu'à 300 salariés. "C'est une mesure que nous avons toujours soutenu. Les IRP sont utiles, les employeurs ont bien sûr besoin de relais. Mais il faut simplifier. Et si l'on peut traiter le même contenu en une seul réunion au lieu de trois distinctes, c'est un gain d'efficacité ».

Crédit photo : Julien François.