6 avril 2015

Gilbert Houngbo, directeur adjoint de l’OIT, a fait le point sur les évolutions de la législation sociale après l’accident du Rana Plaza au Bengladesh, il y a deux ans.

« Les trois quarts de 3 500 usines textile du Bengladesh ont fait l’objet d’une inspection ». Gilbert Houngbo, le directeur adjoint  de l’Organisation internationale du travail (OIT), s’est félicité de cette avancée deux ans après la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh (1 135 morts et 2 500 blessés le 23 avril 2013). Gilbert Houngbo était le 8 avril à Paris à l’invitation de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis) et de Cyril Cosme, le nouveau directeur du bureau parisien de l’OIT pour faire le point sur cette question. 

L
es accords signés jusqu’ici, l’un à l’initiative des syndicats, l’autre d’une entente d’industriels américains du textile ont pu financer les inspections de 2 000 entreprises. De plus, un programme de l’OIT, avec ses propres inspecteurs, a permis d’inspecter un millier d’usines, de coordonner les travaux des différents groupes et de s’entendre sur les normes. 

Concernant l’indemnisation des 3 600 victimes, le montant des réparations a été évalué à 30 millions de dollars. Les versements volontaires des donneurs d’ordre s’élèvent aujourd’hui à 21,5 millions. Il manque donc encore 8,5 millions pour lesquels l’OIT mène une action de plaidoyer. Aujourd’hui, l’OIT plaide auprès du gouvernement pour la mise en place d’une assurance accident du travail qui couvrirait tous les secteurs industriels.

Dans cet accident, l’OIT n’a pas ciblé que les donneurs d’ordre. « Les employeurs locaux, les autorités locales et nationales, les syndicats ont aussi des responsabilités », estime Gilbert Houngbo. L’OIT a travaillé avec le gouvernement du Bengladesh pour améliorer son code du travail. Depuis juillet 2013, la création de syndicats devient possible dès lors que 30 % des salariés de l’entreprise sont signataires d’un document demandant cette création. Cette mesure a fait passer le nombre de syndicats de 130 à 420. L’enjeu est désormais de former ces syndicalistes dont nombre d’eux sont inexpérimentés.

Côté inspecteurs du travail, le Bengladesh en comptait 55 avant l’accident du Rana Plaza, ils sont aujourd’hui 265 pour 160 millions d’habitants ! « C’est encore insuffisant, juge Gilbert Houngbo, mais la pression internationale a permis une prise de conscience sur les questions de sécurité au travail. Le défi est maintenant de pérenniser cette inspection du travail. »

Crédit photo : Didier Blain.