24 mars 2015

Une semaine avant l’arrivée du projet de loi Santé de Marisol Touraine devant l’Assemblée nationale, l’AJIS a organisé une rencontre avec trois des rapporteurs du projet : Hélène Geoffroy (PS, Rhône), Jean-Louis Touraine (PS, Rhône) et Olivier Véran (PS, Isère).

Olivier Véran :
Rapporteur du Titre I sur la prévention, il a insisté sur la mise en place d’un « parcours éducatif de santé » associant enseignants, acteurs de santé et familles : « On fait mieux comprendre pourquoi fumer est dangereux en expliquant le fonctionnement d’une artère ». Il espère l’adoption d’un « fonds tabac », qui financerait les actions en ce domaine, et serait abondé par les cigarettiers, à proportion de l’évolution de leur chiffre d’affaires.
Sur le plan financier, Olivier Véran a reconnu qu’il s’agit de « faire mieux avec autant de moyens », mais ajouté que la question des économies relève davantage de la loi sur la Sécurité sociale (PLFSS). Plus généralement, il a constaté le paradoxe du corps médical, « qui veut plus de Sécu, contre les mutuelles et les assurances, mais a peur d’une étatisation ».

Jean-Louis Touraine :
Rapporteur du Titre III sur l’innovation, il a souligné le retard de la France dans le domaine de la formation professionnelle continue des médecins, « trop longtemps confiée à l’industrie pharmaceutique ». Il a souhaité également un effort sur la formation des infirmiers. Il a en revanche estimé que « le pays n’est pas mûr » pour confier la vaccination aux pharmaciens, en raison le plus souvent de l’inadaptation des locaux.
Sur la généralisation du tiers payant, qui relève du Titre II, Jean-Louis Touraine a reconnu des « inquiétudes de certains médecins, qu’il fait traiter », mais réaffirmé la volonté de l’instaurer.

Hélène Geoffroy :
Rapportrice du Titre IV sur la démocratie sanitaire, elle a souligné le rôle des nouveaux conseils territoriaux de santé, qui doivent veiller à une densité idoine de médecins sur le territoire : « Il ne s’agit en aucun cas d’une étatisation », a-t-elle insisté. Elle s’est félicitée de la capacité donnée aux comités des usagers de s’autosaisir, et de la possibilité d’actions de groupe.
Sur les dépassements d’honoraires, Hélène Geoffroy a admis qu’une nouvelle discussion « suppose de retrouver un espace de dialogue apaisé ». Sur l’ensemble du texte, elle a expliqué qu’il « ne s’agit pas d’une loi fourre-tout, mais une loi qui va changer la vie quotidienne des Français ».

Crédit photo : Philippe Chagnon