3 novembre 2014

L’Ajis a reçu, le 4 novembre, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. La trentaine de journalistes présents ont pu l’interroger sur le contexte économique et social fortement dégradé et le dialogue social.

 A deux jours du cinquantenaire de son organisation, Laurent Berger s’est ému de « la situation grave » que traverse notre pays sur les plans économique et social, allant jusqu’à évoquer un « climat poujadiste ». Il a également regretté qu’« un certain nombre d’acteurs sociaux préfèrent commenter l’actualité plutôt que d’agir », entretenant ainsi la « désespérance ».

A quelques heures de l’installation du comité de suivi des aides publiques aux entreprises et des engagements qui doit selon lui permettre « un réel contrôle social de l’utilisation de l’argent public dans les branches et dans les entreprises », le secrétaire général de la CFDT a appelé le patronat à « jouer le jeu » , notamment sur l’utilisation du CICE et le gouvernement à « faire respecter les engagements » en insistant sur le fait que le montant des aides pour 2016 n’est pas encore fixé.

Tout en reconnaissant que « le point faible des partenaires sociaux en ce qui concerne le suivi et l’évaluation des accords qu’ils signent », le leader cédétiste s’est élevé contre la « logique d’instantanéité systématique en termes de résultats » qui aboutit selon lui à ce qu’à peine un accord signé, on demande déjà une renégociation. Dans le même ordre d’idées, il a également rappelé que « la CFDT n’était pas ouverte à une négociation sur la question du contrat de travail » et qu’en cas de  remise en cause du compte pénibilité, maintenant que les décrets sont publiés, « la CFDT se mobilisera très largement ».

Enfin, concernant la négociation en cours sur la modernisation du dialogue social, Laurent Berger a exhorté le patronat à faire « le choix délibéré du dialogue social », ajoutant : « c’est compliqué, certes, mais c’est absolument nécessaire pour faire avancer l’économie ». Pour y parvenir, il met en garde contre « le risque de faire quelque chose de dogmatique et de déconnecté de ce qui se passe dans les entreprises » et insiste sur la nécessité de « continuer à donner la primauté de négocier aux organisations syndicales », plutôt qu’aux IRP. En effet, pour le secrétaire général de la CFDT si « le dialogue social dans l’entreprise doit être formalisé, il ne faut pas qu’il tombe dans le formalisme » au risque de ne plus être en phase avec ce que vivent le salariés.

Voici la dédicace laissée par Laurent Berger sur le Livre d'Or de l'AJIS à l'issue de la rencontre :
« Echanges riches, francs et directs… c’est toujours un plaisir de venir débattre à l’AJIS.
La CFDT a 50 ans et l’AJIS ?
Amicalement
L. Berger »

Crédit photo : Thierry Nectoux