13 octobre 2014

L’AJIS a reçu le 14 octobre le ministre du Travail, François Rebsamen, pour évoquer en cette rentrée chargée tous les chantiers en cours en présence de plus de 40 journalistes adhérents.

Interrogé sur la polémique liée à une éventuelle réouverture anticipée de négociations sur l’assurance chômage, le ministre du Travail a assuré que « le calendrier demeure inchangé ». « Chacun au sein du gouvernement est libre de ses propos mais quand François Hollande dit qu'il n'y a pas d'urgence sur ce sujet, cela signifie que l'agenda de la renégociation, initialement fixé en 2016, est inchangé. Ce qui n'empêchera pas de réfléchir au sujet dès 2015. La difficulté c'est que les comptes de l'Unedic peuvent se dégrader très vite ou au contraire se rétablir très vite en fonction de l'évolution du marché de l'emploi », a-t-il ajouté.

Il est également revenu sur une autre polémique, celle déclenchée lorsqu’il a évoqué la possibilité de renforcer le contrôle des demandeurs d’emploi. « Je n’ai jamais voulu stigmatiser les chômeurs. Je suis pour l’application des droits et des devoirs des demandeurs d’emploi. Or le devoir d’un demandeur d’emploi c’est de chercher un emploi. Il faut comprendre pourquoi certains demandeurs d’emploi ne cherchent plus un emploi. Il n’y a pas une seule explication ».

François Rebsamen a ensuite dressé un premier bilan de la loi de sécurisation de l’emploi et, notamment, des mesures qui ont du mal à se mettre en œuvre.

S’agissant des accords de maintien dans l’emploi, François Rebsamen estime qu’il s’agit « d’une véritable avancée ». Toutefois, reconnait-il, « même les grands responsables syndicaux admettent avoir prévu tellement de verrous que le dispositif ne marche pas. Il y a donc peut-être certaines conditions à lever. Le patronat regrette de devoir négocier six mois un accord dont la durée est limitée à seulement deux ans. Il faut donc mener une réflexion sur ce point, afin que cela vaille le coup de recourir à ce dispositif ».

Le ministre a également livré son analyse de la réforme du temps partiel. "Exiger une durée minimale de 24 heures pour le temps partiel est une mesure très généreuse, réagit le ministre. C'est une belle idée mais elle ne pourra pas être généralisée car elle ne correspond pas à la réalité économique de toutes les entreprises".  

Le ministre du Travail a ensuite été interrogé sur la mise en œuvre du pacte de responsabilité. « Je mobilise les branches professionnelles pour qu’elles s’engagent. Je veux des engagements de leur part ». Il a toutefois reconnu  que seule sa « force de conviction » peut faire avancer les discussions.

Enfin, parmi les autres points abordés, le projet de loi sur l’activité d’Emmanuel Macron qui comprendra un certain nombre de dispositions sociales.

« La base est le rapport Bailly », a-t-il expliqué à propos de la réforme du travail dominical. Il a ensuite précisé que le texte comprendra des mesures sur le dialogue social. "En l'absence d'accord entre les partenaires sociaux d'ici la fin d'année sur les IRP, le gouvernement reprendra la main et intègrera sa réforme à la loi sur l'activité, prévient le ministre. Et en cas d'accord national interprofessionnel, nous essayerons de transposer le texte des partenaires sociaux rapidement pour intégrer son contenu au projet de loi activité. Si une telle transposition s'avère impossible dans les temps, il y aura alors une loi spécifique".

Voici la dédicace laissée par François Rebsamen sur le Livre d'Or de l'AJIS à l'issue de la rencontre :
« Quel bel exercice que ce petit-déjeuner débat avec l’Association des Journalistes de l’Information Sociale !
Pour moi, une première !
Mon souhait, être encore invité donc encore en poste la prochaine fois ! Merci à vous.
Bien cordialement
François Rebsamen »

Crédit photo : Florence Mehrez