15 juin 2014

Alors que l'examen du collectif budgétaire va arriver devant le Parlement la semaine prochaine, l'Ajis a reçu trois des représentants de l'Appel des 100, hommes et femmes de la majorité qui proposent une réorientation budgétaire : Jean-Marc Germain, député des Hauts-de-Seine, Suzanne Tallard, député de Charente-Maritime, et Fanélie Carrey-Conte, député de Paris.

Interrogé sur l'articulation entre la démocratie sociale et la démocratie politique, Jean-Marc Germain estime que "la démocratie sociale, ce n'est pas un pouvoir confié aux partenaires sociaux qui s'imposerait au pouvoir démocratique. Ma conviction profonde c'est qu'on peut confier au champ de la négociation beaucoup de choses en période de prospérité ; pas en période de crise lorsque le rapport est tellement déséquilibré entre les entreprises et les salariés. Il faut aujourd'hui un vrai compromis historique quadripartite : entreprises, salariés, gouvernement et grandes collectivités locales. Mon rêve est de corriger ce compromis social bancal et d'ouvrir un "Rambouillet" - pour ne pas parler d'un Grenelle - de l'emploi et du pouvoir d'achat".
"Il ne faut pas que le pouvoir politique instrumentalise la démocratie sociale pour se dédouaner de ses responsabilités", a renchéri Fanélie Carrey-Conte. Selon elle, le pacte de responsabilité "a mis les partenaires sociaux en difficulté plutôt que de renforcer leur action". 

S'agissant du pacte de responsabilité justement, dans leur plateforme de propositions "les 100" suggèrent que le CICE et les baisses de cotisations soient conditionnés à la conclusion d'un accord d'entreprise ou de branche. "Nous ne sommes pas dans une logique de contreparties mais de conditionnalité pour une utilisation optimale de ces aides", a expliqué Fanélie Carrey-Conte. Une partie pourrait ainsi être reversée sur le compte personnel de formation, a complété Jean-Marc Germain.  

S'agissant de la 3e conférence sociale des 7 et 8 juillet prochains dont le programme vient d'être dévoilé, Jean-Marc Germain a mis en garde : "Si elle n'a pas de débouchés, elle va être extrêmement déceptive". Fanélie Carrey-Conte estime d'ailleurs que "les parlementaires devraient être davantage associés à la conférence sociale". 

Face à "une politique économique et sociale qui n'est pas comprise et qui considérée comme inefficace et injuste", comme la décrit Suzanne Tallard, une autre proposition est d'instaurer une CGS progressive, une mesure "qui bénéficiera à tout le monde", assure Jean-Marc Germain. "Nous aurons alors fait les deux-tiers de la grande réforme fiscale".

Enfin l'Appel des 100 propose davantage de contrats aidés et l'ouverture des emplois d'avenir aux demandeurs d'emploi de longue durée (plus de 2 ans).

Crédit photo : Bernard Domergue.