4 mai 2014

Le 5 mai dernier, l'AJIS organisait pour ses membres un voyage à la Commission européenne à Bruxelles. Durant une journée, quinze journalistes de l'association ont pu échanger avec des représentants de l'Exécutif européen autour des sujets qui font l'actualité sociale européenne.

La matinée a permis de décrypter le fonctionnement du « semestre européen », le nouveau cadre de surveillance budgétaire et de coordination des politiques économiques des 28 Etats membres de l'UE, dont le point culminant est la publication, chaque année, d'une série de recommandations économiques et sociales adressée aux Etats. Le traité de libre-échange transatlantique était également à l'ordre du jour. Lors d'une rencontre avec les négociateurs de la Commission, les journalistes ont pu en savoir plus sur l'impact pour les entreprises et les normes sociales de ce futur partenariat commercial avec les Etats-Unis. Pour l'UE, les retombées de ce traité devraient se chiffrer à près de 120 milliards d'euros, avec une augmentation de 30 à 40% des échanges commerciaux avec les Etats-Unis. En matière sociale, le mandat de négociation des Européens prévoit d'obtenir l'engagement des Américains à respecter les conventions de l'Organisation internationale du travail dans le cadre des futurs échanges commerciaux. Lors d'un déjeuner avec l'AJIS, le Commissaire européen au marché intérieur, Michel Barnier, est ensuite revenu sur les quelques succès de l'UE en matière industrielle, en particulier la mise en place d'un brevet européen après des années de négociations des Etats membres de l'UE, ou encore les progrès réalisé dans le secteur de la défense. En matière sociale, le Commissaire s'est voulu réaliste : « Il n'y aura pas de grand soir social en Europe, même si l'on va vers plus d'intégration dans la zone euro ». Les freins posés par les Etats membres réunis au Conseil, le co-législateur bruxellois avec le Parlement européen, sont revenus comme une antienne dans la bouche de nombreux fonctionnaires européens rencontrés durant cette journée. Le porte-parole de la Commission aux affaires sociales, Jonathan Todd a expliqué que son institution cherchait à promouvoir l'échange de bonnes pratiques entre les Etats membres. C'est le cas de la garantie jeune, actuellement testée en France, qui doit aider à l'entrée sur le marché du travail des jeunes européens, et dont le fonctionnement est une réussite dans des pays comme l'Autriche et la Finlande. Le porte-parole est aussi revenu sur la question du détachement des travailleurs d'un pays à l'autre de l'UE ainsi que sur les réformes du marché du travail en Europe. Enfin, le dernier intervenant de la Commission a décrypté pour les journalistes de l'AJIS la communication de décembre 2013 sur les restructurations en Europe.

Crédit photo : Chloé Bossard