22 janvier 2013

Retrouvez le discours de Valérie Lespez, vice-président de l'AJIS, lors des voeux à la presse de Marisol Touraine.

Madame la Ministre,
Chères consoeurs, chers confrères,
Mesdames et messieurs,

C’est pour nous deux une première, Mme la ministre, que ces vœux à la presse – j’espère que ça va bien se passer. Une première pour vous, puisque ce sont vos premiers vœux à la presse en tant que ministre des Affaires sociales et de la Santé. Une première pour moi, vice-présidente de l’AJIS pour 24 heures encore, qui hérite de cette lourde mais agréable mission avec la bénédiction de Camille Dorival, présidente de l’AJIS, avec laquelle nous nous sommes partagés les vœux des ministères sociaux cette année, elle chez Michel Sapin et moi chez vous, donc.

Et vous n’avez pas chômé, Mme la ministre, depuis que vous vous êtes installée ici. Et du coup, nous non plus. Négociation sur les dépassements d’honoraires, lancement de ce que vous avez appelé « le pacte de confiance pour l’hôpital », lancement de la rénovation des soins d’urgence, plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale à l’issue de la conférence nationale, lancement d’un pacte territoire-santé pour améliorer l’accès aux soins, lancement de la stratégie nationale de santé…  

En huit mois, vous en avez lancé des chantiers, dont nous décortiquerons les premiers fruits dès cette année. Je rajoute à cette longue liste le chantier des retraites, que vous allez reprendre cette année. Sans compter les chantiers de vos deux ministres déléguées, notamment la grande loi sur le vieillissement qui devrait être présentée au Parlement cette année également. Il y a donc eu et il y aura encore, pour vous et pour nous, beaucoup de boulot ! En huit mois, vous avez déjà eu aussi votre lot de claquements de portes, de manifestation sous vos fenêtres et de polémiques. Ce n’est pas vous, ne vous inquiétez pas, c’est ce ministère qui veut ça !

En tout cas, nous sommes ravis que vous soyez aussi productive, au moins, on ne s’ennuie pas avec vous. Mais si vous nous offrez la matière, encore faut-il aussi que nous puissions la travailler dans de bonnes conditions. Or, le sondage que nous faisons chaque année auprès de nos adhérents avant les vœux des ministères sociaux nous indique qu’il n’est pas toujours facile de travailler avec vos équipes… Sollicitations parfois sans réponse, difficile accès aux conseillers, déplacements, où si les médias audiovisuels réussissent à recueillir leurs petites phrases, laissent sur leur faim les journalistes de presse écrite, points off réguliers avec des journalistes triés sur le volet… Nos adhérents ne sont pas tendres… Certes, ces pratiques peuvent aussi exister ailleurs ; certes, les journalistes sont une espèce difficile à contenter… Mais quand même. L’AJIS, Mme la ministre, s’est donnée comme mission de défendre un égal accès à l’information pour tous les journalistes. Quelque soit leur statut. Quelque soit le titre ou le média qui les emploient. Et je me devais de le rappeler devant vous, lors de ces vœux qui sont aussi l’occasion de faire un point sur la manière dont nous travaillons ensemble…

En revanche, nous nous réjouissons vraiment que vous ayez accepté le principe d’un grand RV avec les adhérents de l’AJIS, je l’annonce à mes consoeurs et confrères dans la salle, et après un premier report, nous sommes en train de caler une nouvelle date avec vos équipes.

Je parlais de nos conditions de travail ; elles dépendent aussi évidemment et avant tout de la santé des médias qui nous emploient. Et nous sommes évidemment inquiets, tant les plans de départ, volontaires ou non, se succèdent dans les rédactions. Sipa News, Profession santé, pôle santé de Wolters kluwers, Impact Santé, la Tribune, le Figaro… tous ces médias, qui suivent ou suivaient l’actualité de votre ministère, sont dans le rouge quand certains n’ont pas carrément disparus… Le Président de la République a annoncé une refonte des aides à la presse dès cette année ; espérons qu’elles permettent aux médias les plus en difficulté de repartir sur un bon pied.

J’en ai fini ; il ne me reste plus, Mme la ministre, qu’à vous présenter, au nom de l’AJIS, le meilleur pour cette année 2013. Qu’elle vous apporte la santé, évidemment - comment ne pas vous souhaitez cela dans ce ministère. Qu’elle soit riche et heureuse, pour vous, vos équipes et vos proches.

Je vous remercie de votre attention.