25 novembre 2013

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière, a rencontré les journalistes de l’AJIS, le mardi 26 novembre. L’occasion de revenir sur les positions de sa centrale, ses relations avec les autres organisations syndicales et lever le voile sur son propre avenir.

Dès le début de la rencontre, Jean-Claude Mailly est – actualité oblige- revenu sur l’absence de Force Ouvrière à l’intersyndicale qui s’était tenue la veille au siège de la CFDT. Une absence que le secrétaire général de Force Ouvrière assume : « Sur le fond, il y a divergence d’approches et d’analyse. On le voit sur les retraites. Et je ne parle pas de l’emploi où il y a eu, dans la dernière période, de sacrées divergences ». Et d’ajouter : « Le syndicalisme rassemblé, on trouve ça anesthésiant. On en arrive au plus petit dénominateur commun ». Alors, s’il continue de discuter avec Thierry Lepaon – les deux hommes ont déjeuné ensemble le 22 novembre -, s’il manifestait encore aux côtés de la CGT le 26 après-midi contre la réforme des retraites, Jean-Claude Mailly refuse le « faux-semblant » de l’intersyndicale.

Et face à tous ceux qui l’accuseraient d’entretenir le populisme ambiant, il revendique d’avoir été le premier à « dire que l’austérité est triplement suicidaire : socialement, économiquement et démocratiquement ». Et d’insister sur « l’urgence à se bagarrer contre les politiques d’austérité » pour lutter contre le populisme. 

Le leader de FO récuse également l’idée que les syndicats sont dépassés par des mouvements tels que les bonnets rouges : « On a une activité syndicale qui est une activité de résistance. A cause de la crise, la situation est difficile, mais c’est vrai pour tous les syndicats européens : en Italie, en Espagne… ».

Interrogé sur la question sensible de la vie syndicale, Jean-Claude Mailly n’a rien perdu de sa détermination. La représentativité patronale fondée sur les adhésions ? « J’ai dit au gouvernement qu’il n’y avait aucune raison, s’il n’y avait pas d’élections côté patronal, qu’on ne la remette pas en cause côté syndical ». Les prud’hommes ? « Si le gouvernement ne nous présente pas un système qui fonctionne, nous demanderons le maintien de l’élection ».

Après quelques mots à propos de la négociation formation enlisée pour cause de divergences patronales – « je refuse d’arbitrer entre M. Roubaud et M. Gattaz », Jean-Claude Mailly a évoqué son avenir. Alors que son mandat doit s’achever en 2015, le secrétaire général de FO a indiqué être « plutôt dans une logique de repiquer tant que j’en ai envie, que les camarades veulent de moi et que j’ai la santé ». Elu pour la première fois en 2004, il sera alors le vétéran du paysage social.

Voici la dédicace laissée par Jean-Claude Mailly sur le Livre d’Or de l’AJIS à l’issue de la rencontre :
« C’est toujours positif de pouvoir échanger en ayant le temps de répondre aux questions.
Merci à l’AJIS
Cordialement
Jean-Claude Mailly »