9 septembre 2013

La conseillère d’Etat est revenue sur son rapport dont s’est inspiré le gouvernement pour le projet de loi sur les retraites. Elle s’est naturellement exprimée sur le texte, présenté le 18 septembre en conseil des ministres.

Le jour de la mobilisation sur les retraites, la conseillère d'Etat Yannick Moreau, dont le rapport a servi de base de travail au gouvernement pour l'élaboration de la réforme, a rencontré les adhérents de l'Ajis. L'occasion de mieux connaître le parcours de cette haut fonctionnaire au franc-parler à qui Jean-Marc Ayrault a confié la présidence de la commission pour l'avenir des retraites. Les trois mois de consultations et la rédaction de son rapport ont représenté "un sur-investissement important" pour elle.

Le résultat lui convient même si l'ex-présidente du Conseil d'orientation des retraites (COR) reconnait que le choix de se focaliser sur le seul besoin de financement du régime général des salariés (excluant les déficits des retraites publiques et complémentaires) "a été mal expliqué". Yannick Moreau comprend que les droits familiaux (majoration d'assurance pour maternité, bonus pour les parents de familles nombreuses, pension de réversion, allocation vieillesse pour les parents aux foyers) ne fassent finalement pas partie du projet de loi. "Les droits familiaux méritent une loi à part entière tant ils sont complexes et doivent également intégrer les régimes complémentaires", estime cette spécialiste des retraites unanimement reconnue.

Yannick Moreau estime que le projet de loi sur les retraites, dont l’examen débute le 7 octobre à l’Assemblée nationale, ne va pas susciter d'opposition car, admet-elle, les sujets sensibles, comme les retraites publiques ou les régimes spéciaux, ont été écartés. "Une réforme ne se résume pas à l'aune du nombre de manifestants dans la rue", a-t-elle martelé. Le 10 septembre dernier, ils étaient dix fois moins nombreux à manifester que pour la réforme précédente de 2010.