10 juin 2013

Sept semaines à peine après son élection homérique à la tête de la CFE-CGC, Carole Couvert est venue présenter les grands projets de son mandat aux adhérents de l'Ajis. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la nouvelle présidente du syndicat de l'encadrement en a plein ses cartons.

En premier lieu, cette communicante hors pair veut changer le nom de la vénérable organisation qui va fêter ses 70 ans en 2014. Objectif de l'opération : « reconstruire cette maison gentiment mise dans l'anonymat ». L'ancienne équipe de direction appréciera... En attendant, Carole Couvert martèle ses deux grandes priorités : l'emploi et le pouvoir d'achat.
Sur le premier point, la patronne du syndicat des cadres se félicite que l'accord national interprofessionnel du 11 janvier ait débouché, comme promis par François Hollande, sur la loi sur la sécurisation de l'emploi adoptée le 14 mai. « Cela a mis les conditions de la confiance ». Pour autant, Carole Couvert souhaite qu'il y ait « de vraies annonces faites lors de la deuxième conférence sociale ». Elle appelle de ses vœux « un plan Marshall de l'emploi et pas un catalogue de bonnes intentions ».
Cela pourrait passer notamment par le levier fiscal. Les entreprises ne pourraient bénéficier du crédit impôt recherche uniquement si elles déposent le brevet en France et le développent sur le territoire, propose-t-elle. Carole Couvert milite aussi pour un impôt sur les sociétés (IS) plus faible pour les TPE-PME afin de les inciter à investir, à recruter et à augmenter les salaires. Elle plaide également en faveur d'une Europe fiscale avec l'instauration d'un plancher et d'un plafond pour l'IS et l'impôt sur le revenu en vue de limiter le « dumping fiscal ». Plus concrètement, elle a annoncé que la CFE-CGC va lancer une bourse de l'emploi pour les jeunes diplômés et un baromètre sur les bonnes pratiques RH des entreprises et des administrations.
En ce qui concerne le dossier sensible des retraites, Carole Couvert propose que les cotisations ne soient plus assises sur les salaires, mais financées par l'augmentation d'un point de TVA (qui rapporterait 10 milliards d'euros) et d'un point de CSG (11 milliards). Elle refuse toute idée de désindexation des pensions qui se traduirait par « une paupérisation des retraités » et souhaite que la réforme des retraites soit intégrée dans une remise à plat générale du financement de la protection sociale. Vaste programme...

Voici la dédicace laissée par Carole Couvert sur le Livre d’Or de l’AJIS à l’issue de la rencontre :
« Merci beaucoup de votre invitation et de ces échanges sans langue de bois !
C’est stimulant et motivant.
A très bientôt
Carole Couvert
11.06.2013 »