20 mars 2018

L’AJIS a organisé le 20 mars 2018 une table ronde sur le thème « Comment mieux reconnaître l’épuisement professionnel » en présence de Didier Baichère, député La République en Marche, Marie Pezé, psychanalyste qui a créé la première consultation « souffrance et travail » en 1997, et François Ruffin, député La France insoumise.

« On assiste à l'organisation de l'invisibilité des pathologies psychiques, a déploré Marie Pezé, on est dans un pays qui ne sait pas ce qu'est la prévention primaire, en comparaison de pays comme la Suède ou les Etats-Unis. Le problème : trouver comment faire appliquer effectivement l'obligation de sécurité de résultat s'agissant des pathologies psychiques.

« Sous les discours officiels, il faut dire la réalité de la situation. La reconnaissance et l'indemnisation du burn out sont aujourd'hui un parcours du combattant », a poursuivi François Ruffin, évoquant 596 cas de maladies professionnelles reconnues sur plusieurs centaines de milliers. 

Le député a plaidé pour le principe du pollueur payeur : plus les entreprises créent des pathologies psychiques, plus elles doivent être taxées. « Il faut que les entreprises aient un intérêt à agir. Pour l'instant ces pathologies ne leur coûtent rien ! Le but objectif d'une entreprise, c'est le profit. Tant que les troubles psychiques ne seront pas dans le bilan comptable, les entreprises n'en auront rien à faire ».

Un argument contesté par Didier Baichère. « Je ne crois pas que la taxation fera avancer les choses. On fait payer les employeurs sur plein d'autres sujets, sans que les effets soient vraiment intéressants. Beaucoup d'employeurs seront contents de payer cette taxe afin de se débarrasser du problème, et rien n'aura été réglé. Obliger les entreprises à travailler un plan d'amélioration a au contraire systématiquement des effets positifs : égalité professionnelle, handicap... ».

Crédit photo : Florence Mehrez