21 mars 2019

Laurent Escure, secrétaire général de l’Unsa : « Cela fait 30 ans que les partis politiques estiment que le syndicalisme est accessoire »

Lors d’une réunion à l’Ajis le 21 mars, Luc Bérille, secrétaire général, a présenté celui qui allait devenir son successeur quelques jours plus tard, lors du congrès national de l’Unsa (du 2 au 4 avril à Rennes), Laurent Escure.

L’ancien et le nouveau secrétaire général de l’Unsa ont répondu à l’invitation de l’Ajis, en duo, quelques jours avant  le 7ème congrès national de la jeune organisation syndicale. A cette occasion, Luc Bérille, secrétaire général sortant, a tiré un bilan positif de son mandat commencé en 2011, même si la barre de la représentativité nationale n'a pas été atteinte aux dernières élections : « L'Unsa a gagné en représentativité et même si elle n'a pas de représentativité nationale, c'est un interlocuteur des pouvoirs publics. Nous sommes consultés ». Un résultat également positif en interne : Laurent Escure est le seul candidat au secrétariat général, sur une liste unique, paritaire : « L'Unsa est en voie ascendante avec une voix interne apaisée », confie encore Luc Bérille. « Un signe indien marque le syndicalisme français : des psychodrames dans les passages de témoin. Pour nous, les choses se sont préparées à l'avance, ce sera un non-événement ».

Un pacte social et écologique
A son tour, Laurent Escure prend la parole. Dans la continuité, mais avec des ambitions. La première d’entre elles est la résolution générale qui sera présentée aux militants lors du congrès et dont il est le coordinateur. L’Unsa réaffirme sa volonté de travailler au « rassemblement du syndicalisme réformiste », avec la CFDT, la CFTC et la FAGE (fédération des associations générales étudiantes). Mais avec l’objectif de mettre en œuvre un  pacte social et écologique signé avec 18 autres organisations. Ce n’est pas tout. Penser aux défis technologiques, à l'intelligence artificielle dans le quotidien ou reconquérir les salariés dans un contexte défavorable à l’engagement syndical : « Cela fait 30 ans que les partis politiques estiment que le syndicalisme est accessoire », constate Laurent Escure, qui n’élude pas les questions sur la crise de confiance dans les organisations.

Proposer un seuil de représentativité à 7% dans le public et le privé
«  Presque tous les jours, on a des sections Unsa qui se créent », indique le futur secrétaire général qui tacle les « centrales » toutes puissantes, leur « représentativité éternelle » et avoue préférer l’autonomie qui se conjugue avec un syndicalisme de services. Laurent Escure rêve maintenant d'une représentativité cumulée public et privé et d'avoir un seuil de représentativité à 7% dans les deux secteurs. « Quand on est posté toute la journée devant un ordinateur, les TMS (troubles musculo-squelettiques) sont les mêmes, que l'on travaille dans le public ou le privé ! »  Laurent Escure est un homme pressé et déterminé : avant même de prendre ses nouvelles fonctions à Rennes, il confie que ces propositions sont déjà sur le bureau du Premier ministre et sur la pile de dossiers du conseiller social du président de la République.

Voici la dédicace laissée par Luc Bérille et Laurent Escure sur le Livre d'Or de l'AJIS à l'issue de la rencontre :
« Merci à l’AJIS pour cette rencontre !
2 voix pour parler de l’avenir de l’UNSA sur une même perspective : le syndicalisme n’est pas voué aux déchirements stériles !
Luc Bérille »

« Ravi de ce premier rendez-vous avec l’AJIS. Avec Luc pour parler de l’avenir de l’UNSA et des questions sociales dans une ambiance conviviale.
Merci et à très vite sans doute.
Laurent Escure »

Crédit photo : Julien Madier (Unsa)