Prix Ajis 2021

L’interprétariat professionnel en santé, bien comprendre pour mieux soigner

Accéder à des soins médicaux quand on ne parle pas français peut se révéler être un véritable parcours du combattant. En consultation, la présence d'un interprète professionnel dans le domaine de la santé permet une prise en charge de qualité, en respectant la confidentialité et l'autonomie du patient. Ce métier relativement nouveau reste pourtant méconnu et encore peu répandu dans les structures médicales.

Assis derrière le bureau, côte à côte, l'orthophoniste et l'interprète reçoivent une maman turcophone et son enfant de sept ans. Débute alors une discussion à quatre voix, où s'entremêlent tour à tour turc et français. Tout au long de l'échange, le médecin prend bien soin de s'adresser à ses patients. La barrière linguistique s'efface. Et grâce à l'habileté de l'interprète, l'illusion d'un dialogue à trois s'instaure. « J'aime bien donner l'impression de ne pas être là. Des fois ça arrive. C'est à dire que le médecin et les usagers parlent tellement bien, qu'ils m'oublient », confie l'interprète Apo Acikyuz, à l'issue de la visite médicale.

Cette polyphonie bien orchestrée se déroule au Château en santé. Un centre de santé communautaire perché sur une butte, en plein milieu d'un ensemble immobilier dégradé du nord de Marseille. Les soins sont principalement destinés aux habitants du quartier, un public précaire souvent éloigné du système de santé. Garantir un égal accès aux soins, est l'un des objectifs de la structure et cela passe par l'interprétariat.

Le Château en santé est une exception en marge de la médecine de ville. Souad* ignorait l'existence d'un tel établissement puis elle n'habite pas à proximité. Depuis qu'elle a quitté le Soudan pour rejoindre son mari à Marseille en 2013, elle ne s'est pas rendue chez le dentiste, ni l'ophtalmologue, à cause de son français imparfait. Enceinte de son premier enfant l'année de son arrivée, elle n'a pourtant pas eu d'autres choix que d'affronter des rendez-vous médicaux réguliers. « J'allais chez le gynécologue accompagnée de mon mari ou d'une amie, si ce n'était pas possible j'y allais toute seule », se remémore-t-elle.

Sans possibilité de recourir à un interprète, les personnes allophones, qui ne maîtrisent pas ou peu la langue française, demandent souvent à un proche de les accompagner en consultation. Mais cette aide, si utile soit-elle, nuit à l'autonomie du patient et brise la confidentialité de la rencontre médicale. Le jour où Souad a été informée du sexe de son bébé, elle s'est sentie obligée de partager la nouvelle avec son amie présente à ses côtés. Le secret n'en est pas resté un très longtemps : « Très vite, tout le monde savait dans mon entourage. » Les difficultés rencontrées pendant cette période et au cours de sa seconde grossesse, ont décidé Souad à ne plus avoir de nouvel enfant avant de savoir parler français.

Professionnaliser l’interprétariat en santé

« Quand on a goûté à l’interprétariat en présentiel c'est quasiment plus possible de faire autrement », estime Hélène Ambroselli, médecin généraliste au Bus 31/32, un centre de soins marseillais à destination des usagers de drogues. La soignante a bien tenté un temps « la débrouille » face à ses patients étrangers, mais c'est insatisfaisant : « Ce n'est pas si facile de faire appel à un interprète quand on peut à peu près se comprendre avec Google Traduction, mais très vite on a compris que l'on était à côté de la plaque.» Deux interprètes de l'association Osiris, en russe et en géorgien, travaillent depuis deux ans dans la structure. Comme de nombreux professionnels de santé en France*, Hélène Ambroselli a aussi recours à la plateforme téléphonique de ISM Interprétariat en ayant connaissance de ses limites : « Avec ISM on a toujours peur de savoir si la personne traduit bien. Un interprète physique, ça humanise. »

Loin d'être un exercice d'improvisation, l’interprétariat en santé nécessite l'acquisition d'un ensemble de compétences professionnelles. Dans la région Provence Alpes Côtes d'Azur (PACA), Osiris est la seule à organiser des formations. Créé en 2018, une trentaine d'interprètes composent ce réseau. « C'est un métier relativement nouveau, ce n'est pas le même que dans le cadre d'une conférence. Il faut des compétences linguistiques mais ce n'est pas suffisant », indique Charlotte Debussy, en charge du service Osiris Interprétariat. L'interprète doit tout traduire, sans omission ni transformation en respectant le registre de la langue, mais aussi faire preuve d'une attention interculturelle. Il doit être en capacité d'identifier les malentendus et de discerner d'éventuels tabous. « Les médecins me demandent parfois si les patients sont énervés. Souvent c'est juste une manière de s'exprimer car en géorgien on s'exprime davantage avec les mains », explique Nino Goderdzishvili, interprète en géorgien.

Un développement à petit pas

Le recours à un interprète professionnel dans le domaine de la santé s'est d'abord imposé en France, dans la prévention et le traitement des maladies infectieuses comme le sida. En 2016, la loi de modernisation du système de santé reconnaît le bénéfice de l'interprétariat linguistique. L'enjeu est double : améliorer l’accès aux soins, aux droits et à la prévention et faire en sorte que la différence de langue n'exclut pas les non-francophones du parcours de soins. L'année suivante, la Haute autorité de santé publie un référentiel de compétences, véritable outil à disposition des structures médicales et de tous ceux qui veulent bien s'en saisir.

Pourtant, quatre ans après la parution de ces textes, l'interprétariat en santé reste encore peu accessible sur le territoire français, en particulier en médecine de ville. Les Agences régionales de santé ont pour mission de développer ce service mais les associations, mêmes aidées financièrement, restent bien seules à prendre en charge cette difficile tâche.

« Aucun texte n'est vraiment contraignant à l'égard des professionnels de santé, rien ne les oblige à faire appel à un interprète », rappelle Elsa Laffitte, dont le rôle à Osiris est de sensibiliser les structures soignantes au travail avec interprète, un axe fort de l'association. La pratique reste encore peu connue et suscite peu d'intérêt. Malgré de nombreuses sollicitations, personne à l'Union régionale des professionnels de santé en PACA ne s'est rendue disponible pour échanger avec nous sur ce sujet. Lorsque Apo Acikyuz accompagne les usagers du Château en santé à l'hôpital, il lui arrive de se heurter à la résistance du corps médical: « Il y a déjà un lien de confiance entre le patient et moi. Mais le médecin ne me connaît pas. Il faut qu'il accepte mon rôle et le comprenne. »

Le soignant doit consentir à la présence d'un tiers mais aussi changer son mode d'organisation. « Comment je fais, qu'elle est la procédure pour appeler un interprète. C'est pas forcément clair, ni rapide, il faut remplir des formulaires de demandes... Le soignant n'ayant pas le temps de le faire, ça peut être un frein », concède Elsa Laffitte.

Le peu de moyens consacré à l’interprétariat professionnel en santé reste néanmoins le principal obstacle à son développement. La France dépense proportionnellement beaucoup moins que ses voisins européens. Six millions d'euros chaque année, soit cinq fois moins par étranger que la Suisse ou la Grande-Bretagne et jusqu'à cinquante fois moins que la Suède, d’après un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales publié en 2019.

Renforcer la qualité et l'efficacité du soin

Or, la mauvaise prise en charge des patients allophones a aussi un coût. Une maladie non traitée à temps engendre des soins supplémentaires, parfois plus longs. De même que des incompréhensions répétées peuvent entraîner la multiplication des rendez-vous. Certes, la consultation dure plus longtemps avec un interprète, constate Hélène Ambroselli, mais « c'est du temps gagné sur la suite » : « La première rencontre est un peu fastidieuse mais d'un autre côté on arrive à donner un paquet d'informations et en recevoir tout autant. »

Si Ahmed* avait eu la possibilité de recourir à un interprète, il n'aurait sans doute pas attendu trois longues années avant de pouvoir de nouveau marcher correctement. Ce réfugié libyen est arrivé en France en 2017, avec une lourde blessure à la jambe droite. « J'avais beaucoup de soucis avec la langue. A chaque fois que j'allais chez le médecin, il me donnait uniquement des médicaments pour la douleur. Ça ne servait à rien », rapporte le jeune homme de vingt huit ans. Seul, il rencontre plusieurs praticiens au Havre et à Paris. Fin 2020 à Tours, il parvient finalement à se faire opérer avec l'aide de ses compatriotes arabophones. « Ce qui était bien ce n'était pas tant de pouvoir communiquer avec le médecin mais de me faire comprendre », admet-il.

Face à un interlocuteur dont on ne parle pas la langue et qui ne parle pas la nôtre, ne pas pouvoir s'exprimer est une vraie souffrance. La présence d'un interprète est un soulagement. Hélène Ambroselli observe d'ailleurs « une baisse de tensions » chez les usagers du Bus 31/32.

Dans la cuisine collective du Château en santé, Apo Acikyuz souriant se souvient lui de la gratitude d'un habitué du centre. Résidant depuis dix ans en France, ce monsieur ne parle pas le français : « Un jour à la fin de la consultation il m'a offert un chapelet, en me disant qu'il n'aimait pas beaucoup être en France mais ce qui lui plaisait vraiment c'était pouvoir s'exprimer. » L'interprète sait se faire discret, mais sa présence est incontestablement essentielle.

* Les prénoms ont été modifiés.

* En 2020, ISM interprétariat a réalisé 8 061 prestations d'interprétariat par téléphone dans le département des Bouches du Rhône, provenant de 99 structures différentes. En France le chiffre s’élève à 336 275 appels.

Louise AURAT
EJCAM

Wwoofing et droit du travail : un terrain en friche

La découverte de la vie dans une ferme biologique contre gîte et couvert attire de plus en plus d’adeptes, mieux connus sous le nom de wwoofeurs. Mais ce concept ultra-séduisant doit encore lever de nombreux obstacles juridiques.


« Le wwoofing m’a appris énormément de choses, comme récolter, planter ou prendre soin de la terre. » Ce dont parle Clara, étudiante en psychologie en quête de sens après le premier confinement, ce n’est pas de son amour pour l’aboiement du chien. Mais plutôt celui pour le Wwoof, contraction de World-Wide Opportunities on Organic Farms. Derrière cet acronyme surprenant, né il y a cinquante ans en Angleterre, se cache un réseau mondial et une initiative solidaire : celle de « s’initier aux savoir-faire et modes de vie biologiques » en donnant un coup de main « à des agriculteurs ou des particuliers qui offrent le gîte et le couvert ». Une définition que propose Wwoof France, l’association qui rassemble autour de cette pratique plus de 13 000 volontaires et 2 000 fermes référencées dans l’Hexagone.

Dans l’une d’entre elles, Clara a vécu une expérience qui l’a ravie. Les rencontres et la philosophie du wwoofing ont touché cette Lyonnaise, venue dans une ferme de Haute-Savoie pour fuir la ville. « Je devais rester deux semaines, j’y suis restée cinq mois. J’ai découvert une vie simple. On mangeait ce que l’on récoltait, on achetait le moins possible. C’était fou de vivre avec la nature, s’émerveille-t-elle. Et puis il y a toute cette notion d’entraide, presque familiale, avec des gens que tu connais peu. C’est très beau. »

Le wwoofeur, pas qu’un simple bénévole

Cette entraide scelle le contrat de confiance sur lequel repose le wwoofing. Il ne correspond en France à aucun statut légal, même si l’association a tenté de prendre les devants en imposant la signature d’une charte. Ses trois pages récapitulent les engagements de l’hôte et du wwoofeur, et insistent sur ce que le wwoofing n’est pas. « Elle indique que c’est une démarche volontaire, solidaire et carrément militante. Qu’il n’y a pas de lien de subordination et que, finalement, le wwoofeur reste libre d’organiser son temps, décrypte l’avocat en droit du travail Laurent Moreuil. Le site prend la précaution de se mettre dans la définition du contrat bénévole. »

Mais ce n’est pas si simple. L’offre du gîte et du couvert s’apparente à une rémunération en nature qui peut s’opposer aux principes admis du bénévolat. Plus problématique encore, la frontière entre le statut de wwoofeur et celui d’employé est très mince. Elle tient à l'existence, ou non, d'un lien de subordination qui, dans le droit du travail français, caractérise un contrat de travail. Un rapport hiérarchique que les contrôleurs de la Mutuelle sociale agricole (MSA) ne devraient donc pas constater entre l’hôte et le wwoofeur, censés être « des amis se donnant un coup de main », selon la charte.

Pour Edgard Cloërec, directeur de la MSA des Charentes, le droit du travail ne permet pourtant pas de distinguer un hôte qui abuse du droit (voir encadré), d’un hôte qui définirait des règles pour faciliter l’échange. « On fait très peu de contrôles car le wwoofing relève d’un acte de solidarité. Mais si on voulait être plus strict, on le requalifierait sans doute à chaque fois en travail dissimulé », reconnaît-il. « À partir du moment où il y a des consignes données sur les horaires, le lieu de travail ou les tâches à accomplir, c’est déjà un lien de subordination », complète Christophe Obara, responsable du service Maîtrise des risques de la MSA de Picardie.

Des hôtes face à l’insécurité juridique

Le wwoofing reste juridiquement inconfortable pour les hôtes. Y compris pour ceux dont les intentions sont louables. Le risque ? Se voir réclamer des cotisations par la MSA pour travail dissimulé. Une mésaventure rencontrée par Matthias Urban, maraîcher dans l’Hérault, à qui la MSA réclamait 4 300 euros de cotisations en 2014. Après une longue bataille menée jusque dans les bureaux de l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, l’agriculteur a finalement obtenu gain de cause. « On s’est quittés en bons termes. J’ai même partagé un jus de tomate avec les sous-directeurs du cabinet », s’amuse-t-il aujourd’hui.

Cette histoire emblématique a ouvert un dialogue entre Wwoof France et la MSA qui se sont accordés sur des règles. « Pour que la MSA nous tolère, elle nous a dit que les wwoofeurs et les hôtes devaient adhérer à l’association, que ces derniers devaient respecter un nombre limité de wwoofeurs et restreindre les séjours à trente jours », affirme Guillaume Pedro Zurbach, coordinateur de l’association. Malgré cela, le risque de requalification en travail dissimulé demeure, tant la frontière qui permet de distinguer le salariat du wwoofing est ténue.

Du côté de Wwoof France, on brandit la convention de lutte contre le travail illégal en cas de litige, signée en 2014 par l’État, la MSA et des organisations patronales et syndicales agricoles. Et on essaie de se protéger en rappelant qu’elle définit le wwoofing comme une activité présumée non-salariée. Car si un tribunal retenait la requalification du wwoofing, l’association pourrait être directement mise en cause. « En tant qu’intermédiaire, Wwoof France pourrait être condamné pour délit de marchandage. Ce qui est très grave », prévient l’universitaire Lucas Bento de Carvalho, professeur de droit et auteur d’un travail universitaire sur le sujet.

Vrais salariés ? Faux bénévoles ? En cas de condamnation, jamais l’association ne franchirait le pas de la contester devant une Cour d’appel. Pas plus que la MSA. « Ce serait prendre le risque que le tribunal impose sa jurisprudence », résume Guillaume Pedro Zurbach.

Une protection sociale hors de portée

Autre obstacle à lever : celui de la prise en charge et de l’indemnisation en cas d’accident. Aujourd’hui, l’adhésion à Wwoof France n’inclut rien en matière de protection sociale. Démarchées par l’association, les assureurs se sont montrés frileux à l’idée de couvrir les activités de woofing. Ce que déplore David Marie, actuel trésorier et ancien président de Wwoof France. « L’assureur qui acceptait de le faire nous imposait des conditions très drastiques comme ne pas monter à cheval, ne pas utiliser d’outils mécaniques. Ce qui est incompatible avec le travail à la ferme. »

À défaut, l’hôte et le wwoofeur sont invités à vérifier qu’ils ont bien une assurance responsabilité civile et que celle-ci prend en charge les dommages physiques et matériels dont ils pourraient être responsables ou victimes. « Si ce n’est pas le cas, le risque est que le wwoofeur demande la requalification de l’accident en accident du travail pour percevoir des indemnités », ajoute l’ancien président. C’est aussi problématique pour le wwoofeur qui sera obligé de prouver qu’il s’est bien blessé en travaillant.

À ce jour, aucun accident n’a été porté jusqu’au tribunal. Mais cela ne saurait durer éternellement. Car le nombre de wwoofeurs augmente un peu plus chaque année, et avec lui, le risque qu’un accident grave survienne.

Il est donc urgent de poser la question du statut légal de cette pratique. D’autant que ce système solidaire ne cesse de s’étendre hors du cadre qu'essaie d’imposer Wwoof France. « Si demain notre association disparaissait, il y aurait vingt groupes de wwoofing qui se créeraient sur Facebook. Et ça partirait dans tous les sens. Gare à ne pas ouvrir la boîte de Pandore », prévient Guillaume Pedro Zurbach.

Servile contre service (encadré)

Super expérience dans la plupart des cas, le wwoofing peut aussi donner lieu à des abus. Christine, animatrice périscolaire et wwoofeuse à l’occasion, en a fait les frais. Au bout de trois jours, son séjour dans les Alpes-Maritimes chez un éleveur de chèvres a viré au cauchemar. « J’ai appris que les exploitants partaient en vacances. Et qu’ils laissaient les clés de la ferme à leur fille de 17 ans, la stagiaire et moi-même. » Bien loin des cinq heures quotidiennes de travail mentionnées dans la charte, Christine est à l’œuvre douze heures chaque jour.

« On le sait qu’il y a eu des abus, que des hôtes font appel à nous parce qu’ils ne veulent pas payer de salariés », reconnaît Guillaume Pedro Zurbach. Et si en théorie les wwoofeurs ne doivent pas pourvoir à la bonne marche d’une entreprise agricole, ils permettent parfois à des micro-fermes n’ayant pas la capacité d’embaucher de se fournir en main d’œuvre.

Ce concept séduisant peut même être à la base de tout un business model. Comme chez ce maraîcher de l’Hérault où Zakari, étudiant en école d’ingénieur, a été accueilli. « Là-bas, tout reposait sur les huit wwoofeurs. Notre hôte ne faisait rien. Et si pendant un mois il ne trouvait personne, la ferme était laissée à l’abandon ». En plus des cinq demi-journées de travail par semaine, Zakari ne pouvait profiter du week-end pour visiter la région. Le samedi ? Il devait faire le marché. Le dimanche ? Nettoyer la ferme.

Pour éviter ces dérapages, l’association Wwoof France a mis en place des mécanismes pour mieux identifier les intentions de l’hôte. Avant de rejoindre le réseau, il passe un entretien téléphonique afin de vérifier si son objectif est bien de transmettre des savoirs. Des commentaires du wwoofeur laissés sur le profil de l’hôte permettent également d’avoir des retours de terrain. De quoi sans doute limiter les abus, mais pas éliminer les risques de mésaventures.

Juliette BOURGAULT et Romane ROSSET
IPJ

Ce Prix (*) décerné depuis 1985 par l'Association des Journalistes de l'Information Sociale (AJIS) avec le parrainage du Ministère du Travail, distingue de futurs journalistes s'intéressant à la sphère sociale.

Doté de 3.500 euros, il sera remis à l'auteur du meilleur sujet (écrit, audio, vidéo, photo ou multimédia) sélectionné par un jury. Une mention spéciale, décernée par l'AFPA et dotée de 2.500 euros, sera également attribuée.

Les thématiques : travail, emploi, management, formation professionnelle, lutte contre l'exclusion et discriminations, chômage, santé, handicap, dépendance, retraite, dialogue social.

Pour plus d'information, se reporter au règlement du Prix 2021 dans l'onglet "Prix AJIS".

La limite de dépôt des reportages est fixée au 31 mars 2021.

Pour tout renseignement complémentaire, envoyez un e-mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

(*) Ce prix a été créé en mémoire de la disparition de quatre jeunes journalistes, Marie-France Desgouttes, Martine Godoy, Eric Hassan et Evelyne Lance et de leur accompagnateur, Jean-Claude Pirot, dirigeant de l'AFPA, décédés dans un accident d'avion au retour d'un voyage de presse en décembre 1984.

Tout sujet ne respectant pas le présent règlement ne sera pas examiné par le jury

ATTENTION : En raison de la situation sanitaire exceptionnelle, le prix AJIS s'adapte. La réalisation de reportages, rendue difficile voire impossible par les conditions de circulation et d’accueil, ne sera pas exigée des candidats. Leurs travaux journalistiques devront toutefois apporter des éléments d'enquête et faire la preuve qu'ils ont mené des interviews. Leur production ne doit donc pas se résumer à une analyse théorique ou à une note de synthèse.


I - Le prix, doté d'une somme de 3 500 €, est destiné à encourager une personne désireuse de devenir journaliste dans le champ social. Aucune condition d'âge ou d'études n’est exigée. Le candidat ne doit pas avoir de carte de journaliste professionnel (titulaire ou stagiaire à la date de clôture du dépôt des reportages) et n'en avoir jamais eu auparavant OU il doit être en formation en alternance (apprentissage, contrat de professionnalisation).

Le candidat devra fournir une attestation sur l’honneur :

- certifiant qu’il ne détient pas la carte de journaliste professionnel (titulaire ou stagiaire à la date de clôture du dépôt des reportages) et n'en avoir jamais eu auparavant
- OU
certifiant qu’il est en formation en alternance (apprentissage, contrat de professionnalisation) en indiquant l’école dont il dépend et le média dans lequel il effectue cette formation.

Le prix récompense une enquête non publiée jusqu’au jour de la cérémonie de remise du Prix. Un seul sujet sera accepté par candidat. Ce sujet ne doit pas avoir été déjà présenté au Prix AJIS les années précédentes et doit être exclusivement proposé pour le Prix AJIS. Il peut être présenté par 3 co-auteurs au maximum qui, en cas de sélection, se partageront la dotation.

Le jury décernera également « une mention spéciale AFPA » dotée de 2 500 €, saluant la qualité d’une enquête qui n’a pas été retenue pour le Prix.

II - Quelle que soit la forme retenue, l’enquête ne doit en aucun cas mentionner le nom du ou des auteurs (ni leur école le cas échéant) pour garantir l’anonymat de la candidature.

L’enquête peut être présentée sous la forme :

- d'un document écrit (4 à 6 feuillets, soit 6 000 à 9 000 signes encadrés éventuels compris hors titraille, espaces comprises et sans photo). Reportage à envoyer par mail sous un format Word.
- d'un reportage de photos légendées (de 5 à 15 clichés) qui devra être envoyé sur tirage papier.
- d'un reportage  audio (3 à 5 minutes) disponible via une adresse URL, sur un site anonymisé, fermé et accessible jusqu’aux délibérations.
- d'un reportage vidéo  (3 à 5 minutes) disponible via une adresse URL via un site anonymisé, fermé et accessible jusqu’aux délibérations.
- d’un sujet multimédia disponible sur un lien URL anonymisé, fermé et accessible jusqu’aux délibérations comportant plusieurs des éléments suivants :
* texte (4 à 6 feuillets, soit 6 000 à 9 000 signes encadrés éventuels compris hors titraille, espaces comprises)
* photos
* vidéo et/ou audio (maximum 5 mn au total)
* liens hypertexte
* infographies/data.

III - Le terrain choisi pour le sujet peut être la France, l'Europe ou l'international mais le thème doit relever de l'un des cinq grands domaines couverts par les journalistes de l'information sociale :

- Le travail et l'emploi (salaires, conditions de travail, durée du travail, droit du travail, travail précaire, représentation des salariés dans l'entreprise, syndicalisme, restructurations, chômage, assurance chômage, coût du travail, délocalisations, politique de l’emploi, économie sociale et solidaire, santé et sécurité au travail, négociation collective, etc.)
- La protection sociale (assurance maladie, maîtrise des dépenses de santé, médecine de ville, hôpital, organisation du système des soins, retraites, politique familiale, dépendance, prévoyance, mutualité, fonds de pension, accidents du travail et maladies professionnelles, etc.)
- La formation professionnelle (apprentissage, alternance, formation tout au long de la vie, validation des acquis de l'expérience, etc.)
- Le management (recrutement, gestion des ressources humaines, intéressement, participation, épargne salariale, etc.)
- La lutte contre l'exclusion et les discriminations (pauvreté, solidarité, égalité professionnelle, politique de la ville, logement social, insertion par l'économie, handicaps, lutte contre l'illettrisme, etc.).

Le Prix AJIS ne couvre pas les sujets "sociétaux" au sens strict (éducation, sciences/médecine, justice, démographie, etc.).

Le travail réalisé doit s'appuyer sur du reportage ou une enquête. Il ne doit pas se résumer à une analyse théorique ou à une note de synthèse. Les candidats doivent adopter une présentation journalistique (par exemple pour le document écrit : titre, sous-titre, papier, intertitres, encadrés).

IV – Composition du jury

Le jury est composé des présidents d’honneur de l’AJIS, du président, du vice-président, du secrétaire général, de deux membres du comité directeur de l’AJIS, de deux responsables de rédaction, de deux responsables d’école de journalisme, d’un représentant de l’Afpa et de la déléguée de l’AJIS.

V – Dossier de candidature

Outre l’envoi du sujet, le dossier de candidature doit comporter les coordonnées du candidat et une note d’intention mentionnant notamment la portée et l’originalité de travail et précisant à quel genre de publication (quotidien, magazine hebdo, radio locale ou nationale, émission de télévision, site internet généraliste ou spécialisé, etc.) le sujet est destiné. Le candidat pourra également, s’il le souhaite, préciser le contexte et les conditions dans lesquelles il a réalisé son travail.

Date limite de dépôt des reportages : 31 mars 2021 minuit
- soit par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
- soit par voie postale (le cachet de la poste faisant foi) à l’AJIS – chez EMI-CFD – 10 rue des Prairies – 75020 PARIS (Attention : aucun envoi postal en recommandé avec accusé réception).

VI – Les délibérations auront lieu au cours du mois de juin. Les lauréats seront prévenus par téléphone à l’issue de la délibération du jury final. Les autres candidats seront informés individuellement par email du résultat des délibérations.

La participation au Prix AJIS implique l'acceptation du présent règlement par l'ensemble des participants et l'autorisation par les lauréats du Prix AJIS et de la mention AFPA de la diffusion des reportages ou enquêtes primés sur les sites internet de l'AJIS (www.ajis.asso.fr), de l'AFPA (www.afpa.fr).

Pour tous renseignements complémentaires, envoyez un mail à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.